Episode 39 - Lila Carlier : « Toutes les choses interdites aux expatriés, je les ai faites... »

J'ai rencontré Lila quand je suis partie vivre au Cameroun, en 2017-2018. Danseuse, chorégraphe et mille autres choses, elle tranchait dans le milieu artistique et culturel très bouillonnant de Douala, autant par sa différence visible que par son aisance. Blanche parmi les Noir.es, artiste fauchée parmi les artistes fauché.es.

Etant de passage à Douala à l'été 2021, j'ai voulu savoir, de ses propres mots, comment elle vit réellement le Cameroun. Et j'ai appris que derrière la fille bravache qui n'a pas peur de prendre la moto-taxi la nuit, il y avait aussi une furieuse envie d'être acceptée et aimée. Jusqu'où est-on prêt.e à aller pour s'intégrer ?

Dans cet épisode nous avons parlé :

Le témoignage de Lila porte un regard inversé par rapport aux récits habituels, et en cela finalement très universel, sur les questions d'intégration, de différence, de lien entre la petite et la grande histoire...

Notes de l'épisode :

Dans cet épisode nous avons évoqué :

Si vous avez aimé cet épisode, vous devriez écouter :

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Episode 38 - Tiphanie : « être ici chez moi, mais pas complètement chez moi, c’est une sensation que j’aime ! »

Depuis bientôt 8 ans, Tiphanie, française, vit à Montréal. Pourquoi on quitte son pays ? Comment naît l’envie d’aller voir ailleurs ? Qu’est-ce qui nous pousse vers l’inconnu ? Comment apprivoise-t-on progressivement l’autre, comment va-t-on à sa rencontre ? A quel moment naviguer dans l’ambigüité devient plaisant, ou pesant ? L’humain est un être curieux, et c’est étrange qu’on lui reproche parfois de traverser des frontières qui pourtant sont arbitraires.

Dans cet épisode nous avons parlé :

Un épisode à retrouver également sur toutes les plateformes de podcast !

Notes de l'épisode :

Dans cet épisode nous avons évoqué :

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Episode 37 - Sofiane Boubahlouli : « en marchant je créais ma propre identité à l’instant t, mon propre destin »

Marcher pour aller à la rencontre de soi.

En 2017, Sofiane Boubahlouli a parcouru plus de 5600 kilomètres à pied pour relier la Moselle, où il a grandi, à l'Algérie de son père. Nous avons parlé :

Restés en France, les parents de Sofiane ont néanmoins également cheminé avec lui à travers l'art. Ils ont créé ensemble une exposition qui mêle peinture, musique et images de voyage.

Notes de l'épisode :

Dans cet épisode nous avons évoqué :

Si cet épisode vous a plu, vous apprécierez celui-ci à trois voix : deux frères franco-algériens, Walid et Ryad, racontent comment leurs 13 ans d'écart ont façonné des rapports très différents à leur double culture.

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Episode 36 – Fatemeh Jailani : "J'ai passé toute ma jeunesse à expliquer l'Afghanistan à mes amis"

Alors que les Américains ont quitté Kaboul avec pertes et fracas cet été, c'est le moment, maintenant, d'entendre Fatemeh, américaine d’origine afghane.

Nous avons parlé bien sûr de la sidération au coeur de l'été et du sentiment, pour elle comme pour ses parents, de revivre des souvenirs enfouis : la famille qui appelle pour demander de l’aide, les cousin.e.s au destin stoppé net, le pays coupé du monde.

Fatemeh raconte la fuite de ses parents aux Etats-Unis à la fin des années 70, le mythe du retour au pays, la pression pour être des Afghan.e.s parfaits dedans et des Américain.e.s parfaits dehors, l’incompréhension entre les générations. Elle dit comment on se perd à vouloir s’adapter à tous et à tout, mais aussi comment on se reconstruit. Comment on crée un endroit que l’on peut appeler chez soi, comment on découvre que sa voix compte, comment on jongle avec le fait de vivre ici alors qu’une part de soi se meurt ailleurs.

Après un long parcours dans les affaires européennes, Fatemeh a créé Accidental European pour rapprocher les politiques publiques européennes des citoyen.ne.s, et il y a quelques mois elle a rejoint la direction de Singa, une ONG qui crée du lien entre personnes réfugiées et populations locales.

Notes de l'épisode :

Dans cet épisode nous avons évoqué :

Si cet épisode vous a plu, vous apprécierez certainement cet article sur le fait de vivre loin de son pays en guerre, mais aussi ce podcast avec Curtis, un Américain tombé amoureux de Paris et qui se joue de nos malaises et hypocrisies sur la couleur !

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Episode 35 – Myriam Levain : « Les Juifs séfarades sont hyper dépressifs, mais le cachent bien »

« La vérité si je mens », du couscous et de la bonne humeur à tous les étages, mais l’histoire séfarade est aussi faite d’exils – des aspects souvent tus ou enjolivés par les protagonistes.

Mon invitée Myriam Levain, cofondatrice de Cheek Magazine, a créé le projet @StayTunes qui collecte des témoignages autour des Juifs tunisiens et Juives tunisiennes. La Tunisie comptait près de 100 000 personnes juives à la fin des années 40, contre 1 500 aujourd’hui, les autres ayant émigré principalement en France et en Israël…

Avec Myriam, nous avons parlé :

Et pour finir, j’ai bien évidemment demandé à Myriam qui elle est devenue… Merci à elle pour sa confiance.

Cet épisode en live et en public a été enregistré au Ground Control à Paris dans le cadre de l’événement Nouvelles Voix organisé par Le Medialab 93 avec La Ruche Paris. Merci à toutes les équipes qui ont rendu cela possible, au public qui a répondu présent et à toutes les personnes qui écoutent et soutiennent Joyeux Bazar !

Notes de l'épisode :

Dans cet épisode nous avons évoqué :

Si cet épisode vous a plu, vous apprécierez celui avec Marion, née d'une maman juive tunisienne et polonaise, et d'un papa catho issu d'une famille vieille France très à droite... Comment grandit-on entre deux mondes qui se vivent comme adversaires ? Comment évite-t-on de choisir un camp ? Comment "habiter la frontière" ?

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Episode 34 – Marion : « à force de passer la frontière, j’ai l’impression de l’habiter »

Marion est née d'une maman juive tunisienne et polonaise, et d'un papa catho issu d'une famille vieille France très à droite... Comment grandit-on entre deux mondes qui se vivent comme adversaires ? Comment évite-t-on de choisir un camp ? Comment "habiter la frontière" ?

L'épisode 34 marque le début de la saison 3 de Joyeux Bazar, dont le thème est « la rencontre » !

Nous avons parlé de la rencontre entre ses parents, entre fétichisation, culpabilité, mais amour aussi (2'49), de cette impression de porter un costume trop grand pour soi quand on a une culture juive et un nom à particule (8'12), du fait d'exister (et se maintenir) "à l'intersection" plutôt que dans un seul monde (13'46), de la communauté comme cocon rassurant et/ou étouffant (20'26)

Un merci infini à Marion pour sa confiance, ses rires. On lui envoie plein d'amour.

Notes de l'épisode :

Dans cet épisode nous avons évoqué :

Si cet épisode vous a plu, je vous invite à lire notre article sur le Groupe des Foyers Islamo-Chrétiens (GFIC) qui aide les couples mixtes musulmans-chrétiens à s'aimer, depuis 1977 !

Vous pouvez également lire sur notre site web l'interview d'Olivier Orna, qui a fondé Theotokos, le premier site de rencontres chrétien en France - qui compte 20% de non-chrétien.nes !

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BONUS - Best-of de la saison 2 !

Avant d’entamer la saison 3, qui parlera de rencontre, je voudrais remercier chaque auditrice et chaque auditeur qui a prêté l’oreille au cours de cette dernière année et demi, qui a contribué à porter plus loin l’esprit et la lettre d’une identité résolument plurielle et mouvante.

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Episode 33 – Curtis : « Les Français.es m’exotisent, et j’en profite »

Curtis Young est américain. Il a grandi à Chicago et a vécu mille vies avant d’arriver en France, il y a presque 25 ans, et se sentir enfin chez lui. Une évidence qui lui a donné l’énergie de reprendre des études de français et d’histoire pour venir vivre ici. C’est l’histoire d’un Noir Américain tombé amoureux de la France, et qui reste néanmoins très lucide sur notre pays, ses rigidités, son refus de voir les couleurs, sa fascination pour les Noir.e.s s’iels sont américain.e.s. Mais plutôt que de regretter la fétichisation dont il fait l’objet, il a pris le parti d’en profiter – pour entamer une brillante quatrième carrière, et plus généralement pour vivre « a wonderful life ».

Nous avons parlé ce sentiment très fort qu’il a éprouvé en arrivant en France par l’Eurostar (2’02), du regard qu’il porte sur son pays natal – heureux de s’y être construit, heureux de ne plus y vivre (3’10), des trois ans qu’il a passés au Japon comme espion pour l’armée américaine et qui lui ont fait découvrir une autre humanité (7’28), du sentiment de ne pas être chez soi et l’envie de voir plus grand (9’44), du racisme profondément ancré dans l’histoire et le fonctionnement des Etats-Unis, mais que l’on accepte de voir (11’21), d’une société française engluée dans son illusion universaliste mais qui lui offre des opportunités inédites (14’23), de la différence de statut entre Noir.e.s africain.e.s et Noir.e.s américain.e.s en France (15’43), de la contribution des Noir.e.s à la formation et la richesse des Etats-Unis (17’20), de l’identité comme carte de visite (19’07) !

Notes de l'épisode :

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Episode 32 – Sabrina : « Un.e allié.e, c’est une personne qui comprend qu’elle ne comprendra jamais »

Par le biais du droit du sol, Sabrina est née canadienne au milieu d’une famille argentine, mais a grandi en Europe et tente depuis quelques années de retrouver ses racines éparpillées à travers les continents. Elle est aussi une femme « latino blanche », qui oscille donc en permanence entre discrimination et privilèges. C’est ainsi qu’elle a créé le projet Ally Book Club qui explore, à travers le pouvoir des livres, le rôle et la posture de l’allié.e face au racisme structurel.

Nous avons parlé des expatriations successives de sa famille grâce à la carrière de footballeur de son père (1’58), de sa conception de la position d’allié.e et notamment sa conviction que « il faut se taire et écouter celles et ceux qui ont l’expérience » (5’10), de son entre-deux identitaire entre charge raciale et privilège blanc (7’22), de la place de la culpabilité dans la posture d’allié.e (9’23), de son mémoire de recherche sur l’impact des livres sur l’imaginaire, mémoire qui préfigure le compte @allybookclub (11’07), de son statut de parente blanche d’enfants racisés (14’14), et bien sûr nous avons parlé d’ancrage, de retrouvailles espérées avec soi (15’48).

L'épisode 31 avec Irène Olczak, fondatrice du média collaboratif et inclusif Paulette, parlait aussi de la posture d'allié.e. Irène y raconte notamment des expériences de discrimination qu'elle n'a pas vécues directement mais vues de très près à travers ses proches.

Notes de l'épisode :

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Episode 31 – Irène Olczak : « Le périphérique est une vraie frontière : sociale, culturelle… »

Irène Olczak a créé Paulette Magazine pour montrer des femmes qui ressemblent à ses amies, des femmes « pas toute blanches, blondes, au ventre plat ». Mais aussi pour réconcilier Paris et la banlieue, tenter d’amadouer cette frontière sociale, économique, culturelle qu’est le boulevard périphérique. Ayant toujours vu sa mère turque très à l’aise dans tous les milieux alors qu’elle était arrivée en France sans parler la langue, elle s’est peu à peu forgé la conviction que « notre différence, c’est notre force ». Tout en reconnaissant que c’est plus facile à dire qu’on est blanc.he… Une déconstruction progressive et une posture d’allié.e, qui ont contribué à la genèse du magazine Paulette.

Irène partage avec nous l’histoire de sa maman arrivée en France par amour et de son propre rapport à la Turquie (2’47), sa culture de banlieue et la fascination qu’elle avait pour Paris telle que représentée dans la presse féminine (8’08), du privilège d’avoir une différence qui ne soit pas handicapante et de son frère qui a préféré changé de prénom (10’28), de son expérience d’alliée face aux discriminations (13’01). Je l’ai aussi questionnée sur la manière dont Paulette utilise l’art pour véhiculer des messages politiques et sociétaux forts (14’25), et sur la façon de conserver de la street credibility quand on est devenu un média de premier plan – l’éternel conflit de loyauté des multiculturel.le.s (16’36).

Sur la double équation des origines ethniques et sociales, vous pouvez également réécouter le parcours de Stéphane qui se présente comme un vrai caméléon !

J'en profite pour vous présenter quelques médias qui ont eux aussi franchi le périph 😉 : Bonjour Pantin, Enlarge your Paris (on adore ce nom !), ou encore, évidemment, le Bondy Blog.

Notes de l'épisode :

Nous avons parlé avec Irène de la notion d'allié.e, de quoi s'agit-il ? D'utiliser ses privilèges, notamment la confiance a priori que nous accorde la société, pour porter la voix et changer le regard sur les autres. De manière active. Mais c'est aussi se taire pour laisser parler l'autre de sa propre expérience. Voici un mode d'emploi, et ici quelques règles simples pour bien jouer son rôle d'allié.e. Voici également un compte Facebook plein de ressources pratiques !

Sur ce sujet, vous pouvez également écouter l'épisode 32 avec Sabrina. Elle a créé le projet Ally Book Club qui explore, à travers le pouvoir des livres, le rôle et la posture de l’allié.e face au racisme structurel.

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