Episode 15 - Lucien : "Quand tu connais l'endroit d'où tu viens, c'est plus facile"

Lucien est hongkongais par son père, français par sa mère. Après avoir entendu pendant toute son enfance en Chine "dis donc, tu parles super bien le cantonais !", il a fait la paix avec sa différence. Elle lui permet, paradoxalement, de se fondre partout - ce qui est utile quand on travaille aux quatre coins du globe !

Nous avons parlé des lycées français de l'étranger (1'54), de Paris (2'28), de l'utilité du métissage quand on est reporter (3'01), de l'étranger comme tiers-lieu où se libérer de ses origines (4'13), du décalage entre apparence et identité (6'05), de l'importance pour lui de connaître précisément ses racines et se sentir légitime dans les deux mondes (8'14), du quartier chinois de Belleville et de la joie d'y croiser d'autres Cantonais (10'17), du fait d'avoir son père racisé et non sa mère (13'56), de la situation politique actuelle à Hong Kong (14'51), de la manière emmêlée et douloureuse dont il vit cette situation en tant que journaliste / enfant du pays / Occidental / expatrié (17'06).

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Episode 14 - Archcena : « Il fallait tout de suite changer de chaîne quand il allait y avoir un bisou… »

Archcena, alias The Curious Mango, est française de parents srilankais tamouls arrivés en France après une histoire tout à fait digne de Bollywood ! Elle a grandi en région parisienne, dans une ville où tout le monde était différent, avant de se sentir tiraillée à l’adolescence entre ses deux cultures. Mais voilà, la vie continue : une carrière en banque, l’expatriation à New York, un voyage du monde, une reconversion professionnelle… et c’est bien en se perdant qu’elle a trouvé son chemin.

Nous avons parlé de New York, de l’Inde et du 9-3 (1’42), de l’incroyable histoire d’amour de ses parents (3’30), de son enfance à Villepinte (6’30), du dilemme entre traditions parentales et envies de liberté  (7’28), de toutes ces situations dont on ne sait toujours pas, des années plus tard, si elles étaient racistes ou non (9’49), de la fameuse question « vous venez d’où ? » (11’11), des transfuges de classe et de confiance en soi (12’29), de voyage ici et là (13’18), de se reconvertir dans la cuisine quand tes parents voulaient que tu fasses de grandes études (14’52), d’ayurveda (18’22), de transmission à ses enfants (19’02). Un échange très riche et plein de bonne humeur !


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Episode 13 - Nedir : « Ce que j’aime en France, c’est les Français »

Nedir est né algérien et hongrois (oui, oui !), le voici désormais français depuis quelques mois. Une naturalisation pour dire merci à la France, pays qui était pour lui à la fois un ailleurs familier, à travers les programmes télé notamment, mais aussi l’ailleurs de tous les possibles, celui qui lui a donné la possibilité de faire le métier artistique dont il rêvait.

Nous avons évoqué ensemble son bar favori à Paris « Madame Gen » (2’01), la ville de Montpellier où il était censé passer 15 jours et il est resté 5 ans (3’15), sa demande de naturalisation (4’14), ces Français qui lui ont donné envie de faire partie de leur communauté (7’15), son enfance partagée entre l’Algérie et la Hongrie (7’59), les années noires du terrorisme en Algérie (10’30), sa définition de l’ "algérianité" (13’50), les questions des autres sur son prénom, son physique et son accent (15’24), la « mise à jour de lui-même » qu’il a faite en 2013 (16’28) et, bien évidemment… je lui ai demandé qui il est devenu après tout ce parcours.

Un beau récit de vie, et un bon retour aux fondamentaux pour attaquer la rentrée !

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BONUS - "si loin de mes proches"

Surprise de fin de saison !

Cet épisode hors-série est l’adaptation d’un texte que j’ai écrit pour le magazine Frictions. J’avais besoin d’écrire mes tourments de membre de diaspora, loin de sa famille en ces temps de virus planétaire et de frontières fermées. Sujet grave, mais qui ne doit pas vous empêcher de passer de belles vacances !

On se retrouve à la rentrée, j’ai hâte.

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BONUS - BestOf de la saison 1 !

Valérie, Walid, Ryad, Alex du Kamer, Stéphanie, Tuong Vi, José, Calvin, Stéphane, Serge et Fanny ont été mes invité.e.s cette saison. Ensemble nous avons tissé, à travers nos parcours de vie extrêmement différents, une histoire très universelle, faite de questionnements, de missions et de transmission, de rires et de larmes, de complexité et de beauté.

Ceci n'est pas un best-of, c'est un kaléidoscope...

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Episode 12 - Fanny Cohen Moreau : Maroc, mon amour

Fanny Cohen Moreau est « un quart marocaine », mais ça ne se voit pas, elle est blanche. Comme elle dit, elle a un corps de Bretonne et un cœur de Marocaine. Un de ses deux noms est juif, par son grand-père marocain, mais elle est athée. Son « chez soi », c’est cette maison où elle a grandi, au Maroc, mais qui va bientôt être vendue.

Entre les commentaires antisémites, sa marocanité souvent remise en question, le privilège blanc et le sentiment d’imposture, un père « marocain mais qui n’assume pas », le mystère de l’autre grand-père, disparu en mer… on se demande comment elle porte cette histoire complexe. Mais elle y est attachée ! Comme les fantômes soutiennent Harry Potter dans son combat contre Voldemort, toutes ces histoires entremêlées, toute cette lignée compliquée, veillent sur Fanny.

Fanny a d'ailleurs enregistré sa grand-mère paternelle dans l'un des podcasts qu'elle a créés. Pour écouter ce récit qui commence dans les années 30 à Marseille, c'est par ici !


Cet épisode 12 clôt la saison 1 de Joyeux Bazar. En attendant la saison 2 qui débutera en septembre, il y aura deux épisode hors-série au mois d’août. Restez à l’écoute !

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Episode 11 - L'âme (yougo)slave

Serge est né en Vendée, de parents yougoslaves ayant fui le régime de Tito à la fin des années 50. Français et serbe, il se revendique surtout comme vendéen !

Son parcours est un ascenseur émotionnel permanent, fait de dénivelés vertigineux (la guerre des Balkans et le bombardement de Belgrade par les troupes de l’OTAN, ce moment où la mairie lui demande de prouver qu’il est français), mais aussi de quelques plats ou faux-plats plutôt sympathiques (la découverte de l’étranger comme tiers-lieu qui permet de se vivre simplement comme… étranger, une carrière dans une multinationale où la multiculture est la norme).

Attachant et violent, joyeux et désespéré, le récit d’un homme qui se considère comme « encore en construction » !

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Episode 10 - Métis : "je suis un caméléon"

Stéphane est russe par sa mère, congolais par son père. Et français parce qu’il est né en Hexagone, un enfant de la République. Entre les plats de saka saka et le journal télévisé russe, entre le monde noir et le monde blanc, entre les quartiers populaires de son enfance et son poste de cadre, entre une France qui n’est pas tout à fait chez lui et les voyages qui lui révèlent sa francité, entre Guillaume Canet et Tony Parker, il ne cesse de naviguer. S’adapter. Se réinventer. Et bâtir des ponts. Parce que, comme dit Kery James, « dans nos différences nous sommes liés ».

Et parce que Stéphane est convaincu que « nous sommes les pairs de ceux qui veulent bien se reconnaître en nous »…

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Episode 9 - Métis : nulle part à sa place ?

Il s’appelle Calvin et nous nous sommes parlé bien avant l’affreuse actualité qui agite les Etats-Unis, la France et le monde entier en ce moment. Son père est franco-suisse, sa mère est camerounaise, il est officiellement français et suisse mais a quand même des papiers camerounais (chuuuut). Montrer patte blanche ici, patte noire là, mais réaliser – et, dans son cas, accepter – de ne jamais être admis à 100% dans un camp ou dans l’autre. Ce qui ne l’empêche pas d’estimer, sans tomber dans les clichés, que le métissage est quelque chose de puissant : « on est un vecteur, un lien ». Puisse-t-il avoir raison.

En tout cas, nous avons abordé pléthore de sujets ! Les amis imaginaires, découvrir un jour un prénom par lequel on n’a jamais été appelé, avoir un passeport officiel et un autre officieux, naître au fin fond d’un village pygmée et se retrouver patriarche d’une famille presque blanche, une tripotée de métis qui ne parlent pas la langue africaine de leurs mères, avoir un pied dans chaque monde et montrer à chacun qu’on maîtrise ses codes, le cheveu comme ligne de démarcation identitaire, la superposition des préjugés raciaux et sociaux, les questions auxquelles il faut accepter qu’il n’y ait pas de réponse, les quarterons et le white passing, bref… un bon manuel de gestion du bazar !

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Episode 8 - Vivre ensemble (sans se diluer)

Valérie, franco-allemande, était déjà mon invitée de l’épisode 2 (que vous courrez (ré)écouter après celui-ci !). Elle m’avait parlé du couple que forme ses parents, 40 ans de compétition et complicité culturelles, et de son propre parcours pour devenir elle-même. Dans cette deuxième partie de notre conversation, elle évoque l’entreprise qu’elle a créée pour que dans les projets collectifs, chacun trouve sa place sans renoncer à qui il est. Sauver l'importance de la relation, définir ce sur quoi on ne transige pas, choisir quelle part de soi on met au service du collectif, comprendre quand la diversité et l'intégration cessent de créer de la valeur... Des questions qui, pour moi, résonnent autant en entreprise que pour cette société bigarrée et bariolée que j'espère contribuer à construire !

Cet épisode est le cinquième et dernier d'une mini-série qui fait la part belle aux trajectoires professionnelles, et pour laquelle j’ai reçu Alex du Kamer, artiste "camerounais d'origine française", Stéphanie Prinet Morou, franco-togolaise et experte en diversité et inclusion, Tuong Vi Nguyen Long, réalisatrice de documentaires franco-vietnamienne, et José Michel Garcia, avocat franco-espagnol inscrit aux barreaux de Paris et de Madrid. Bonne écoute !

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